« En 2004, l’État du Sénégal a ratifié le Protocole à la Charte africaine des droits de la femme en Afrique, dit Protocole de Maputo. Il reconnaît comme un droit fondamental l’accès à l’avortement médicalisé en cas de viol et d’inceste. Ces dispositions n’ont toujours pas été intégrées dans le droit interne.
Fatou Bintou Thioune coordinatrice du programme égalité femme – homme de la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’Homme (Raddho), déclare : ‘L’État doit prendre les mesures nécessaires pour harmoniser certaines dispositions du protocole de Maputo avec le droit interne. Cela fait déjà 20 ans, on ne peut plus attendre. En signant ce protocole, le Sénégal en a pris l’engagement. Mais surtout, respecter ce protocole sauverait des vies et faciliterait la prise en charge de la santé sexuelle et reproductive des femmes et des filles sénégalaises.’
10 ans après un précédent rapport sur le sujet, les associations signataires sont sans appel : la situation a empiré au Sénégal. L’État sénégalais est ambivalent sur la question des droits des femmes et soumis à l’influence néfaste d’acteurs parfois internationaux appartenant à la mouvance anti-droits, qui instrumentalisent la question de l’avortement médicalisé à des fins politiques.
Joseph Bagne Faye, juriste au sein de la Ligue sénégalaise des droits de l’Homme (LSDH) déclare : ‘Les défenseur·es des droits humains qui travaillent sur ce sujet sont menacé·es. Le Sénégal a le devoir de les protéger. À quand une loi de protection ?’. »